Etant donné le nombre de rapports sur la mauvaise gestion au Congo, personne ne peut prétendre qu’il ne savait pas.

18 décembre 2009
LU SUR ZENGA MAMBUAuteur: Rapport FIDH
 
La FIDH publie un rapport sur la gestion de la rente pétrolière au Congo Brazzaville. 70 % de la population congolaise vit en-dessous du seuil de pauvreté. Pourtant, le pétrole est un important potentiel économique représentant 67 % du PNB, 95 % des exportations et 78 % des revenus de l’Etat .
Face à ce constat, la FIDH a mandaté une mission d’enquête internationale afin de répondre à une double interrogation :

* Pourquoi un pays doté d’un tel potentiel économique voit sa population dans une telle précarité ?
* Où va l’argent du pétrole et à quoi sert-il, puisqu’il ne permet pas une amélioration des droits fondamentaux de la population, comme l’y obligent pourtant les conventions internationales qu’il a ratifiées ?

Pour répondre à ces questions, la FIDH s’est livré notamment à une analyse du budget de l’Etat et des mécanismes de gestion de la rente pétrolière, principale “recette” du budget.

Le rapport de mission fait état d’importantes violations des droits de l’Homme. Il détaille la responsabilité de l’ensemble des acteurs concernés par le pétrole au Congo-Brazzaville et formule des recommandations à l’attention de chacun d’eux.

Pour lire le rapport, cliquez sur les liens ci-dessous:

Gestion de la rente pétrolière au Congo Brazzaville : Mal gouvernance et violations des droits de l’Homme (fichier PDF)

 
Article publié le : 15/12/2009

Après avoir arraché le pouvoir politique, comment feront les forces du changement pour contester la dette fallacieuse ?

28 novembre 2009
Le Congo, champion du monde de l’endettement
Auteur: Chérif Elvalide Sèye - Les Afriques
 

Le Congo Brazzaville est le pays le plus endetté au monde par habitant. A peine désendetté, dans le cadre de l’Initiative pays pauvres très endettés (PPTE), il réemprunte à tout va. Pour qui, pour quoi ?

Selon les spécialistes, personne, à commencer par le gouvernement, n’en connaît le montant exact. Le Congo-Brazzaville est également le pays contre lequel existe le plus grand nombre de plaintes de créanciers commerciaux.

En 2005, le fond vautour Kensington, à Londres, a porté plainte contre le Congo, accusant la Société nationale des pétroles congolais (SNPC) d’avoir détourné des revenus du pétrole, pour l’empêcher de rembourser. Le Congo fait valoir que le fonds vautour a acheté la dette de 32 millions de dollars pour 1,5 million, afin de réclamer 300 millions de dollars.

Pourquoi, s’interroge tout le monde, le Congo n’a-t-il pas racheté ces créances quand elles ne valaient plus rien sur le marché ? Les fonds vautours détiennent près de 10% des créances congolaises. Kensington a multiplié les plaintes. En Belgique, il a obtenu la saisie de 10,8 millions d’euros de la coopération avec le pays. En octobre 2007, une autre action a été couronnée de succès aux Etats-Unis, pour 400 millions de dollars.

D’autres créanciers rodent aussi. Walker International, AF CAP, Elliott Associates, FG Hemisphere, ainsi que des banques, BNP Paribas, la Société Générale, Banco do Brasil, des pétroliers, des investisseurs, des hommes d’affaires…

Pires conditions

La dette privée est difficile à quantifier, car nombre d’entreprises publiques, à commencer par la société nationale pétrolière, ont été autorisées à en contracter. Pour le pays, ces emprunts ont l’avantage de n’être soumis à aucune conditionnalité. C’est peut-être ce qui permet la disparition de 250 millions de dollars chaque année, selon Global Witness « sans laisser de trace ».

Les emprunts ont été contractés aux pires conditions, avec des taux d’intérêt prohibitifs. Ils sont gagés sur le pétrole. « 75% des emprunts contractés entre 1995 et 2000 », selon le FMI.
Le Ministère congolais des finances a soutenu, que « cinq créanciers, parmi lesquels les banques françaises BNP et Société générale, détiennent la totalité de la dette gagée. Leur bonne compréhension nous a permis d’obtenir un rééchelonnement. Nous avons payé l’an dernier 155 milliards de FCFA, au titre de la dette gagée, dont 75 milliards à la BNP et à la SG ».
Le plus terrible, est que le pays ne semble pas avoir profité le moins du monde de tous ces emprunts. « Tous les projets ont connu la faillite ou l’abandon. Seules les dettes sont restées. Avec intérêts. » Dans ces conditions, on se demande comment la Banque mondiale a pu faire profiter le Congo de l’Initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Le président Chirac est montré du doigt. Il aurait fortement insisté pour.

Dette publique

Le Congo peut espérer, grâce au PPTE, un effacement de la dette publique, qui s’élevait fin 2005 à environ 9 milliards de dollars, soit plus de deux fois le PIB du pays et plus de huit fois les recettes fiscales annuelles. En décembre 2004, il avait bénéficié d’allègements. Malgré tout, la dette était toujours jugée, en 2005, insoutenable.

Dans ces conditions, on se demande comment la Banque mondiale a pu faire profiter le Congo de l’Initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). Le président Chirac est montré du doigt. Il aurait fortement insisté pour.

Finalement, le PPTE l’a enfoncé, en lui permettant de contracter 584 millions de dollars auprès de la Chine. En janvier 2007, la Banque de France a placé le Congo en première place des pays qui ont de forts risques de ré-endettement suite à des annulations de dette.

Pourtant, le pays peut compter sur des revenus pétroliers annuels d’environ 3 milliards de dollars, mais il est vrai, comme le note la Banque mondiale, que si le PNB per capita a atteint 1100 dollars en 2006, contre 640 en 2003, « les conditions de vie et les opportunités économiques de la plupart de ses habitants sont plutôt décevantes, 50% de la population étant encore pauvre, des indicateurs d’éducation et sociaux insatisfaisants. C’est qu’il reste un grand agenda inachevé dans la transparence du secteur pétrolier et la gestion des dépenses publiques », note la Banque mondiale. Presqu’un euphémisme…

Chérif Elvalide Sèye

Lu pour vous sur le site zenga mambu.com

Les amis à travers le monde sont pourtant prêts à nous aider, et nous que faisons nous ?

25 novembre 2009

5 novembre 2009
Source: Le Messager
Eva Joly. Editions des Arènes (Paris), 2007
Extrait de
La force qui nous manque
ISBN : 9782352040354

Eva Joly est conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment en Norvège. Ses deux livres précédents, Notre affaire à tous et Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?, chez le même éditeur, ont été vendus à plus de 450 000 exemplaires en France et à l’étranger.

Lorsque j’ai pris en charge l’instruction de l’affaire Elf, j’avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n’aimais pas leur arrogance, la façon qu’ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu’ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j’étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d ‘une compétence absolue. J’avais confiance dans les institutions de mon pays d’adoption. Je n’imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

Pourtant au fil de mon enquête, j’ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’Elysée.

Ce n’était pas mon rôle d’en tirer les conclusions politiques, mais j’en ai gardé l’empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j’ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d’un directeur des hydrocarbures d’Elf, jusqu’à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d’Omar Bongo : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d’une part, le budget de l’Etat et le gouvernement d’autre part. J’emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l’étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.

Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que j’y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l’uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.

Roland Dumas « l’ami intime » de Bongo

Si les habitants de Libreville n’ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c’est parce que la France s’est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d’un président, enrôlé dès son service militaire par l’armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris. Il était alors le plus jeune chef d’Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar Bongo fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l’hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent.. Chacun se presse à ces audiences. Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d’un contrat de « consultant » signé par Omar Bongo et largement rémunéré. De Roland Dumas, le président gabonais dit qu’il est « ami intime ». Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas Sarkozy, venu « prendre conseil » en tant que candidat à l’élection présidentielle. Lorsque au cours de l’instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C’était une sorte de Who’s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l’envers de la République et  des médias.

A ceux qui croient encore à l’aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du Pnud (Programme des nations unies pour le développement). La corrélation est régulière entre le montant de l’aide française et la richesse en matières premières. En clair, celui qui n’a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…Il n’est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d’éducation. L’argent s’est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

Il ne s’agit pas d’une dérive mais d’une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d’espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d’ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l’Etat, conçu par Pierre Guillaumat un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d’Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo-Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s’est fait sentir. Le chaos, lorsqu’il se produit, ne trouble pas le système. Il n’est qu’à voir l’Angola, en guerre pendant des dizaines d’années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n’a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…Les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l’occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu’elles ne prenaient pas le moindre risque. L’argent, là aussi, n’a pas été perdu pour tout le monde. C’est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j’ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j’ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j’ai appris en marchant. A l’arrivée, le tableau est effrayant.

L’Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l’être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d’émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d’un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l’Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d’expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l’exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant. Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur.  De récentes enquêtes ont montré que certains d’entre eux ont versé des commissions et que la tentation d’abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait de son pétrole. Ce que j’ai vu, les rapports internationaux qui l’attestent, est une œuvre d’espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l’image qu’elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu’ils ont vu ? Pourquoi des partis politiques et des Ong, par ailleurs prompts à s’enflammer, n’ont-ils rien voulu voir ?

L’indépendance en Afrique : une mascarade

Je ne condamne pas. J’ai partagé cet aveuglement. J’étais comme eux, avant de glisser l’œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L’indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l’Ouest. L’Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d’être le « gendarme » qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l’hydre américaine. Elf était l’une des pièces  maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que « là-bas, c’est différent ». Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires. Là-bas, c’est normal l’instruction des gardes présidentielles. Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. D’ailleurs « tout le monde fait pareil ». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d’un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

J’ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l’indépendance. S’ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l’Elysée via des sociétés suisses. La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l’aller, remplie d’armes…A l’image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques Foccart, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d’alors, généraux d’aujourd’hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d’histoire.

Des drames comme celui-ci, l’Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François Mitterrand, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection…Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. Bien sûr, l’histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu’ils ont découverts. A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l’état des routes et des infrastructures françaises au moment de l’indépendance. Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l’onde portée va bien au-delà d’une ou de deux générations.. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

La République française paie aujourd’hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres. Les gouvernements successifs n’ont pourtant cessé d’inventer des périphrases : « indigène musulman », « sujet africain non naturalisé », « Jfom » (Jeune français originaire du Magrheb), « jeune issu de l’immigration », « fils de harkis », « jeune des quartiers », « Arabo-musulman », « Français d’origine arabe », « Français musulman »…

La France de 1789, incompatible avec la françafrique

La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s’est bâtie fait partie de l’héritage. Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la France leur doit ? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l’uranium du Niger ou ceux des mines d’or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu’une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ? La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion. Je rêve, pour ce pays que j’aime, d’un réveil collectif.

Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible.

Rencontre transparence et bonne gouvernance en Afrique

23 novembre 2009

Rencontre transparence et bonne gouvernance en Afrique

- Le 23 NOVEMBRE 2009 -

Thème: relations entre la France et l’Afrique.

La Coalition Internationale PUBLIEZ CE QUE VOUS PAYEZ / PUBLISH WHAT YOU PAY,a organisé une conférence internationale au Canada du 16 au 18 Novembre 2009.

Plus d’information :

www.publishwhatyoupay.org/fr/event/ConferenceMontreal

A cette occasion la coalition française PUBLIEZ CE QUE VOUS PAYEZ organise une rencontre au cours de laquelle se tiendra une table ronde qui traitera des avancées enregistrées depuis 2003 par la coalition PUBLIEZ CE QUE VOUS PAYEZ, en matière de transparence des flux financiers dans la gestion des ressources naturelles (pétrole, gaz et mines)et de bonne gouvernance.

Outre les représentants de la coalition française, la Coalition accueillera à cette table ronde des représentants de plusieurs coalitions nationales africaines de retour du Canada, qui pourront apporter leurs témoignages et répondre aux questions du public.

A ce jour ont confirmé leur présence les pays suivants : Burkina, Cameroun, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Conakry, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, RDC.

Sous l’égide de la PLATE-FORME CITOYENNE FRANCE-AFRIQUE, cette réunion sera suivie de 14 à 16 heures par une rencontre entre membres de la Société civile française et les participants africains présents autour du thème des relations entre la France et l’Afrique.

LUNDI 23 NOVEMBRE 2009 de 9h à 11h30
au Siège du SECOURS CATHOLIQUE
106, rue du Bac
75007 PARIS
(métro : Rue du Bac ou Sèvres Babylone)

L’interview qui avait déclenché bien des catastrophes

8 novembre 2009

Benjamin Toungamani:«Nous voulons déstabiliser le régime de Sassou»

IMGP2165

Écrit par Musi Kanda

18-12-2008

Le porte-parole de l’association Plate-forme contre la corruption et l’impunité (PCCI), Benjamin Toungamani, qui s’est porté partie civile dans la plainte contre Bongo, Obiang et Sassou pour recel de détournement de fonds publics, s’est confié à ” Mwinda “. Dans ce long entretien, il nous fait part de ses motivations, mais aussi des réactions suscitées par cette plainte auprès des trois chefs d’Etat, furieux d’être à nouveau sous les feux de la rampe, une publicité mal venue par ces temps de crise.

Mwinda – Benjamin Toungamani, il y a eu en 2007, une première plainte en France contre Sassou, Bongo et Obiang. Plainte que le parquet a classée sans suite. Pourquoi une autre plainte aujourd’hui ?

Benjamin Toungamani – Le motif de ce doublon est d’ordre judiciaire. Voici l’historique de ces plaintes :

- Le 27 mars 2007, Survie, Sherpa et la FCD déposent une première plainte simple.

- Le 19 juin 2007, une enquête préliminaire est ouverte, qui aboutit à un important rapport de police.

- En novembre 2007, la plainte est classée sans suite malgré l’existence de ce rapport.

- Le 9 juillet 2008, une deuxième plainte simple est ouverte, plainte à laquelle se joignent Transparence internationale et trois citoyens congolais et gabonais.

- Le 3 septembre, celle-ci est rejetée presque normalement.

- Le 2 décembre, Transparence International et un citoyen gabonais, profitant d’une nouvelle loi, déposent une plainte avec constitution de partie civile, espérant ainsi l’ouverture d’une information judiciaire.

Mwinda – Ok pour l’aspect purement juridique. Mais vous n’allez pas me dire que ces plaintes contre Sassou n’ont pas de caractère politique ?

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BT – La politique est présente depuis le départ. Pour mieux illustrer mon propos, je vais revenir en arrière, à la conférence nationale souveraine. Deux grandes commissions ont été le leitmotiv de la CNS : la commission des crimes et assassinats et la commission des biens mal acquis, présidées respectivement par Massema et Ndzoumanguelet. C’est par le biais des milliers de crimes de sang commis et des milliards de francs détournés que nous avions réussi à disqualifier la dictature de Sassou.

Mwinda – Qu’est ce que vos plaintes en France ont à voir avec la conférence nationale seize ans après ?

BT – Le problème des biens mal acquis n’a pas été résolu depuis. On se rend compte que la gestion des ressources nationales n’a pas changé. Près de 300 000 barils/jour (avec des pointes à 150 dollars/le baril) et un pays parmi les plus pauvres et les plus miséreux de la planète. Nous pensons donc que cette plainte a des vertus pédagogiques. La preuve, c’est que dès que nous avons touché là où ça fait mal, c’est-à-dire à l’argent, la dictature est aux abois.

Mwinda – De ce point de vue, vous considérez avoir atteint votre but ?

BT – Non. Nous n’avons pas vraiment atteint notre but pour une raison très simple. Toutes les forces politiques et citoyennes impliquées dans le changement ne se sont pas approprié cette affaire. Comme avec l’affaire des ” disparus du Beach “, nous cherchons à ce que tout le monde, toutes les populations se saisissent de cette affaire de biens mal acquis. Notre but, c’est de montrer que nous devons nous battre sur l’aspect financier combien sensible et important. Supposez que nous prenions le pouvoir aujourd’hui, les forces progressistes, il est sûr que nous verrions débarquer des milliers de créanciers léonins, fruit d’une dette qui n’est pas la nôtre, avec des justifications internationales issues des paradis fiscaux tant décriés. Des Bolloré et autres fonds vautours. Que ferions-nous alors ? Combien de temps tiendrait ce pouvoir démocratique avec autant de dettes fallacieuses ? Devrions-nous alors dénoncer cette dette comme ont voulu le faire le Mexique ou l’Argentine ? C’est donc en amont qu’il faut s’inquiéter des dettes fallacieuses de M. Sassou. Ce sont ses dettes, pas les nôtres.

Malheureusement, les Congolais se mobilisent peu autour de cette plainte. Sur une population de 3 millions d’habitants que compte notre pays, on pouvait espérer qu’il y en ait plus qui se sentent concernés.

Mwinda – Trois millions ? C’est un peu exagéré non ? Nous avons des compatriotes qui vivent dans des coins reculés qui ne sont pas au courant de cette histoire de biens mal acquis, ou qui ne comprennent tout simplement rien à l’objet de cette plainte contre Sassou.

BT – Oui, c’est une façon de parler. Mais j’en veux plus aux hommes politiques de l’opposition car eux comprennent les enjeux. Certes, il y a beaucoup de contribuables qui se manifestent aujourd’hui, mais c’est un peu tard. La Plate-forme contre la corruption et l’impunité (PCCI), notre association, ne pouvait pas ester en justice parce que nous n’étions pas présents sur la deuxième plainte. Ne pouvaient figurer sur la plainte actuelle réactualisée, que ceux qui figuraient déjà sur la deuxième plainte simple, donc Transparency et les 3 plaignants congolais. Notre plainte, c’est un moyen que nous proposons aux Congolais pour lutter contre Sassou dans les faits. Comme dans l’affaire du Beach, j’aimerais que l’opposition se lève pour soutenir les enfants massacrés. Qu’elle se lève pour soutenir tous ceux qui meurent par milliers à cause des détournements chroniques de Sassou et de son clan.

Mwinda – L’affaire du Beach n’est pas un très bon exemple car l’opposition politique n’a pas vraiment bougé. Pour l’affaire des biens mal acquis, elle ne bouge pas non plus. Pourquoi, à votre avis, ne bouge-t-elle pas pour vous soutenir si votre cause est juste ?

BT – C’est une bonne question. Je crois qu’il y a deux raisons. La première, c’est que même si Sassou est décrié aujourd’hui comme le voleur en chef, il y a beaucoup de gens parmi personnel politique actuel qui ne peuvent lui faire la leçon. Beaucoup ont travaillé avec lui et ont eu le temps de constater in vivo la gabegie. Pourquoi n’avaient-ils pas réagi à l’époque ?

Le changement, c’est aussi changer de mentalité, être plus exigeants avec la gestion de la chose publique. Je me rappelle que du temps de Massamba Debat, les fonctionnaires de retour de mission, reversaient au trésor l’argent non dépensé, à commencer par Debat lui-même, chose impensable aujourd’hui. Prenons par exemple le cas de Mathias Dzon. Beaucoup de gens lui reprochent de n’avoir rien dit ni rien fait sur la gabegie, quand il était ministre des Finances. Aujourd’hui, il se présente à la magistrature suprême, sans une véritable croisade contre les détournements de fonds, sans avoir déclaré sa fortune personnelle. Que devons-nous en penser ? La deuxième raison est que d’autres hésitent à attaquer Sassou sur le front sensible de l’argent. Peur ou inconséquence ? Je n’en sais trop rien.

Mwinda – J’ai du mal à comprendre que vous poursuiviez Sassou en espérant un appui de l’opposition, alors que vous dites vous-mêmes qu’il y a dans cette même opposition des hommes pas clairs avec l’argent. Vous ne trouvez pas que c’est contradictoire ?

BT – Ce n’est pas contradictoire. Nous avons besoin d’une nouvelle classe politique.

Mwinda – Comment comptez-vous vous y prendre alors que tous ceux qui sont là s’accrochent ?

 

BT – Je pense que nous attaquons le château du mauvais côté. Nous devons être les avocats des populations, des enfants qui meurent faute de soins. Nous devons travailler sur des dossiers avérés comme ceux que dénonce Xavier Harel dans son ouvrage. Ce n’est pas en faisant de la politique politicienne que nous y arriverons. Partout où il est possible, il faut créer des contre-pouvoirs, des actions de résistance civique ; refuser de payer les actes administratifs, les redevances multiples sur l’eau qui pourtant ne coule pas, sur l’électricité qui est fantomatique. Bref, il faut que les citoyens, par tous les moyens, protestent, rendent le pays ingouvernable tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites.

Mwinda – Revenons sur la plainte, si vous voulez bien. Il est écrit dans l’article 45 ou 47 de la Constitution que les biens publics sont inaliénables. Pourquoi ne vous êtes-vous pas appuyés sur cet article de notre Constitution pour porter plainte contre Sassou au Congo même, devant les tribunaux congolais ?

BT – (Eclats de rire). Pour deux raisons. La première, ce sont des articles foulés au pied. Sassou ne respecte pas ce texte. Il est par exemple dit que les personnes, notamment les élus, nommés à une haute fonction publique sont tenues de déclarer leur patrimoine lors de leur prise de fonctions. Personne ne l’a jamais fait, à commencer par Sassou lui-même. Il y a pourtant une cour des comptes. Elle devrait être indépendante du pouvoir. Au Congo, elle n’a jamais travaillé ni rendu des rapports. Le prix du pétrole a connu une forte flambée, mais la cour des comptes ne pourra pas vous dire où est passé le pactole de cet or noir. Selon Global Witness, près de 200 milliards de francs disparaissent chaque année sans laisser des traces. Les tribunaux congolais, parlons-en ! Il n’est pas possible d’ester en justice au Congo et d’avoir raison contre le pouvoir ! Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé avec l’affaire du Beach avec ces généraux présents dans le box des accusés entourés de leurs gardes de corps. Personne n’a confiance en cette justice ! Tous les chefs d’entreprise qui ont pris l’argent des marchés publics sans réaliser les travaux ne sont jamais poursuivis. Humberto Brada qui a ruiné des milliers d’épargnants congolais avec la complicité des autorités court toujours, alors qu’il aurait dû être sous les verrous en lieu et place des jeunes de Pointe-Noire…

Mwinda – Il y a un an, sur TV Sud, Thierry Moungalla déclarait, je cite, « il n’y a rien d’anormal qu’un homme d’Etat (Sassou) puisse disposer de deux biens après 40 d’activité. » Selon lui, Sassou « fait preuve en l’occurrence de beaucoup de modestie » avec seulement deux pied-à-terre à Paris. En d’autres termes, vous êtes de mauvais coucheurs car c’est avec ses économies que Sassou a acheté ses logements en France.

BT – Prenons la villa Suzette (du Vésinet). Les experts immobiliers l’estiment à 8 millions d’euros. Combien gagne-t-il pour construire à Oyo, à Mpila et acquérir des biens d’une telle valeur en France ? Et pourquoi cette villa est-elle au nom d’Ambendet ? Où travaillait-il? Qui, quel chef d’Etat, à part Sassou et Lissouba, a acquis des biens immobiliers en France ? Massamba Debat avait juste deux modestes maisons, l’une à Brazzaville et l’autre à Boko. Et Ngouabi, c’était pareil, une maison à Brazzaville et une autre à Owando, tout aussi modestes. Même Yhombi dont Sassou avait dénoncé le goût de luxe n’avait jamais acheté de maison en France.

Mwinda – Admettons. Mais est-ce que vous savez ce que gagne Sassou pour l’accuser de détournement d’argent public ?

BT – C’est ça le problème. Vous savez, vous, ce qu’il gagne ? Et puis, Il n y a pas que Sassou en cause ! Regardez cet apparatchik qui s’est fait voler 900 millions de francs sous son lit à Lékana. Comment s’appelle-t-il déjà ?

Mwinda – Il me semble que c’est Okombi Salissa…

BT – Okombi Salissa. Près d’un milliard de francs sous son lit, vous vous rendez compte ? Mais combien gagne-t-il pour avoir autant d’argent en espèces chez lui, même ministre ? Pierre Oba se serait fait voler 10 000 euros il y a quelques jours à Neuilly, il y a les 250 000 euros de Ngokana à Roissy et j’en passe. Il y a un gaspillage évident. C’est pourquoi le pouvoir a peur d’aller au procès. Le clan de Sassou est malin. Il a réussi une telle embrouille que l’on aura du mal à mettre la main sur toute sa fortune. Mais c’est la piste des compagnies bancaires, d’acquisitions officielles, du recyclage de l’argent sale dans les paradis fiscaux que nous exploitons. Vous savez, les transferts d’argent laissent toujours des traces. Nous savons par exemple à qui appartiennent réellement les trois grandes résidences à Neuilly au nom d’hommes d’affaires français proches du pouvoir. Sassou ne pourra jamais prouver que c’est avec l’argent de son traitement de président qu’il a acquis tous ses biens.

Mwinda – Akouala dit que le gouvernement congolais va porter plainte pour diffamation contre vous et vos parrains.

BT – Nous attendons. Il risque d’avoir la même mauvaise surprise qu’avec la plainte contre Verschave.

Mwinda – Vous avez des échos suscités par vos démarches judiciaires au Congo ?

BT – Oui, bien sûr. Le commun des mortels au Congo est content. Judiciairement, là-bas, ils ne peuvent pas faire grand-chose et ils comptent donc sur nous. C’est le moins que l’on puisse faire pour notre peuple. Au fond, il est de notre devoir, mais aussi notre droit de demander des comptes. Que Sassou nous explique ce qu’il fait de l’argent des contribuables congolais. Il y a un accueil formidable à cette plainte de la part de nos compatriotes congolais et africains. J’en profite pour lancer un appel aux citoyens de se porter partie civile. C’est anonyme, ils ne risquent rien. Ce que nous souhaitons, c’est que cette révolte fasse boule de neige et nous incite à prendre nos affaires en main. Nous n’allons pas rester les bras croisés et regarder les organisations françaises faire le travail à notre place ! Il faut harceler le pouvoir congolais de tous les côtés.

 

La diaspora congolaise proteste sans cagoules

8 novembre 2009
IMGP1039
sensibiliser l’opinion internationale; un des objectifs de la diaspora
IMGP1038
Le pétrole est il toujours une malédiction ? certainement pas si nous observons nos frères d’Amérique latine comme ceux du pays de Chavez
IMGP1032
Protester, manifester, faire partie des contre pouvoirs sont garantis par la constitution issue de la conférence nationale et légitimée par le peuple congolais
IMGP1295
Oser lutter pour changer l’avenir; c’est ce que se disent ses futurs dirigeants des destinées de demain Au Congo.
IMGP1294
“Notre argent est ici, rendez nous notre argent” scandait la foule
IMGP1370
Avant sa mort, Bruno Ossebi avait dénoncé les responsabilités de cette banque dans la banqueroute du Congo.

IMGP1423

Appel aux Congolais

2 novembre 2009

A placarder sur tous les murs partout
Appel aux Congolais
Nous sommes le peuple !
Prenons le pouvoir maintenant
!

Nous avons un beau pays. Il va de l’Océan jusqu¹au coeur de l¹Afrique centrale. Il y a de la place pour tous et des ressources infinies. Cette terre, nous l¹avons reçue de nos ancêtres. Nous devons la transmettre à nos enfants. Mais quelques familles, des petits clans, se sont accaparés de notre pays, notre bien à tous. Ils nous ont dressé les uns contre les autres. Ils nous ont exploité. Ils ont fait fuir des milliers d’entre nous.

Il est temps d’y mettre fin. Mais ne prenons pas les armes. Elles ont assez parlé. Le pouvoir n’est plus au bout du fusil. Refusons toute collaboration avec le régime. Déchirons sa constitution. Dénonçons cette fausse ” démocratie “. Manifestons tous les jours dans les rues de Brazzaville, de Pointe-Noire, de Nkayi, de Dolisie, d’Owando jusqu’à Impfondo. Partout. Réclamons justice. Crions notre colère contre celui qui nous a volé notre histoire, qui nous prive du présent et qui tue l’avenir. Des crimes contre l’humanité aux délits économiques, c’est lui l’unique responsable. Ses guerres ne sont pas les nôtres. Ses dettes non plus. Mais son argent, c’est notre argent. Si nous sommes unis, il ne peut rien contre nous. Il n¹aura plus personne à commander. Il finira par descendre de sa tour d¹ivoire. S’il persiste, chassons-le et condamnons-le.

Construisons notre avenir ensemble. Elisons nos représentants dans chaque quartier, chaque village. Faisons-le dans la clandestinité, s¹il le faut, pour éviter l¹oppression. Soyons dignes. Il n¹y a plus de chefs naturels. Devenons tous notre propre chef. Et choisissons, pour une fois, les plus justes d¹entre nous. Evitons les hommes de l¹ancien régime, incapables de faire vivre la démocratie. Respectons nos différences. Débattons. Exigeons une Commission Vérité. Jugeons les coupables des crimes lors de procès équitables. Faisons une vraie réconciliation. Pardonnons enfin. Et réalisons que le Sud et le Nord sont faits pour marcher ensemble. Alors seulement, nous pourrons dire que la paix règne. Alors seulement, nous pouvons organiser des élections vraiment libres.

Nous ne sommes pas seuls. Du Sud au Nord, une population entière est soumise à la même dictature. Des milliers d’entre nous sont en exil. Nous, le peuple du Congo, formons tous une opposition.  Plusieurs d’entre nous sommes déjà organisés, aussi bien dans le pays qu’en exil. Nous sommes soutenus par des réseaux africains et européens influents qui s’opposent à la politique de Paris qui protége son ami dictateur. Ouvrons les yeux. Ailleurs en Afrique, des peuples ont déjà chassé leurs oppresseurs. La dictature et la mauvaise gestion ne sont pas une fatalité. En France, en Angleterre, en Scandinavie, aux Etats-Unis, les gouvernements seront obligés de nous soutenir car l’opinion publique internationale l’exige. Les ONG et les Eglises sont déjà de notre côté.
Mais faisons vite. Il faut se révolter contre le tyran avant qu’un autre ne le remplace.

Pour la PCCI

le porte parole

Toungamani Benjamin

 

les biens mal acquis (suite)

31 octobre 2009

 

               P.C.C.I

               Plateforme Congolaise contre la Corruption et l’Impunité

Dénoncer la Corruption et l’Impunité au Congo et en Afrique ; Saisir les juridictions compétentes nationales et internationales; Solliciter une réparation des préjudices ; Contribuer à la bonne gouvernance au Congo

28, Avenue des Fleurs, 45130 Saint-Ay

                                                                     Tél. : 06 64 88 01 59

                                                                                06 85 57 92 87

                                                  plateformeanticorruptioncongo@yahoo.fr

http://pcci.wordpress.com

 

Paris le 30 octobre 2009

La plate forme congolaise contre la corruption et l’impunité est surprise et regrette  la décision rendue ce jour par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris dans l’affaire visant les biens mal acquis représentés par le  très important patrimoine immobilier et mobilier accumulés en France par Messieurs Denis SASSOU NGUESSO (Congo-Brazzaville), Omar BONGO ONDIMBA, aujourd’hui décédé (Gabon), et Téodoro OBIANG MBASOGO (Guinée Équatoriale) ainsi que des membres de leur entourage. Cette décision infirme celle rendue par la doyenne des juges d’instruction en mai dernier et conclue à l’irrecevabilité de la plainte déposée par Transparency international France.

Cette situation de par son incohérence suscite plusieurs motifs d’insatisfaction.

 

Cette décision ne remet pourtant pas en cause la  véracité des faits reprochés aux dictateurs présidents. Ces derniers sont toujours détenteurs de biens, meubles et immeubles ainsi que des nombreux comptes bancaires dont l’origine ne peut s’expliquer que par des détournements de fonds publics.

 

Ces faits délictueux (de notre point de vue) se sont bien déroulés en France au vu et au su de la banque de France et des autorités françaises,faisant de la France un véritable paradis fiscal pour dictateurs cleptocratiques  dont les pays pourtant riches en pétrole comptent parmi les plus corrompus et les plus miséreux du monde.

 

Il est de ce fait de bon aloi qu’une association française comme Transparency international France ou une toute autre dont la raison sociale serait la lutte contre la corruption, puisse se porter partie civile dans une affaire qui dépasse le strict cadre africain étant donné le nombre de vies humaines mises en jeu et les atteintes au développement économique d’une partie du monde.

Le Président Daniel Magdeleine, auteur de la décision, semble avoir oublié que la France est signataire de conventions internationales qui l’engage à restituer aux populations concernées les biens obtenus par la corruption et des détournements de fonds publics.

 

 

C’est la seconde fois en la matière qu’une décision analogue et inexplicable est prise  par la justice française après ce qu’il faut qualifier tout simplement de pressions politiques. En effet en avril 2004, le directeur de la police congolaise sur lequel pesaient de fortes présomptions sur l’assassinat de  352 jeunes au Congo est mis en détention par le tribunal de Meaux dans l’affaire dite des disparus du Beach. Tard dans la nuit, à 2 heures, le parquet fait appel (en l’absence même des avocats de la défense et  des parties civiles), le prévenu est libéré précipitamment  contre toute disposition juridique et un avion l’attend nuitamment sur un aéroport parisien pour s’envoler sur Brazzaville. Le juge d’instruction chargé de l’affaire sera d’ailleurs muté à un autre poste.

 

Cette décision de la cour d’appel de Paris est un soutien inconditionnel des autorités politiques françaises en direction des dictateurs africains, particulièrement messieurs Sassou Nguesso et Ali Bongo et de ce fait un permis de continuer à détourner impunément  les ressources nationales à leur seul profit et celui de leur clan. C’est malheureusement un camouflet pour toute la jeunesse africaine à qui l’on reproche de ne pas être mûre pour la démocratie ou de ne pas être suffisamment entrée dans l’histoire.

 

L’affaire des biens mal acquis est un test important contre la corruption pour toute la citoyenneté internationale.

 La plate forme congolaise contre la corruption et l’impunité qui   avait adressé, le 9 décembre 2008, un courrier au doyen des juges pour se constituer partie civile par intervention travaille en étroite collaboration avec les  ONG Sherpa et TI qui sont impliquées dans cette plainte. Il est donc fantaisiste de croire que  les organisations françaises sont les  seules protagonistes de cette plainte. Toute la diaspora congolaise militante est convaincue de l’inéluctabilité de l’aboutissement de la plainte sur les bien mal acquis et celle des disparus du Beach.

 

Pour la PCCI

Contact France  Toungamani benjamin 0664880159      

Contact Norvège  Mbila Gabriel 004796691540

La justice française hors du coup:les biens mal acquis

29 octobre 2009

   Biens de trois chefs d’État africains : la justice française n’ouvre pas d’enquête

La Cour d’appel de Paris a refusé aujourd’hui qu’un juge d’instruction enquête sur l’affaire dite des «biens mal acquis» présumés par les présidents du Gabon, du Congo et de Guinée équatoriale et de leur entourage, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de l’un des avocats. La chambre de l’instruction de la cour d’appel a jugé irrecevable la plainte de l’ONG Transparence-International, spécialisée dans la lutte contre la corruption, déposée en décembre 2008, selon ces sources. Cette dernière annonce son intention de se pourvoir en cassation, estimant la décision «juridiquement contestable». La plainte de Transparence-International et de Sherpa visait les conditions d’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d’Etat africains – Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d’Etat gabonais Omar Bongo, ainsi que par certains de leurs proches. La doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, avait donné en mai son feu vert à l’ouverture d’une enquête mais le parquet avait fait appel de la décision, estimant que le plaignant n’avait juridiquement pas d’intérêt à agir. D’après l’ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d’Etat en France s’élèverait à 160 millions d’euros. Le clan Bongo possèderait à lui seul une trentaine de luxueux appartements ou maisons.

La plate forme congolaise contre la corruption et l’impunité, partie prenante de la plainte donnera dans les heures qui suivent son commentaire

La PCCI

La plate forme contre la corruption à travers le monde

18 septembre 2009

Activités des sections du PCCI à travers le monde :

NORVEGE

 Gaby 005Du 21 au 23 août 2009 s’était tenu  à  la maison des droits de l’homme à Trondheim en Norvège un séminaire sur le thème  de la violation des droits de la personne humaine et spécifiquement des femmes avec des cas concrets pour le Cameroun et le Congo Brazzaville et dans les camps d’asile en Norvège

 

     

 

 

 Ce séminaire a été organisé par le Groupe de Conseil de Trondheim dirigé par Mr Bernt Haget avec la participation de la Plate-forme Congolaise contre la Corruption et l’impunité (PCCI) représentée par Mr Gabriel Mbila.

Gaby 002

Gaby 010

    Il faut préciser que la Norvège est en Europe un des rares pays où l’activité citoyenne est réellement soutenue par les institutions publiques, ce qui permet d’ailleurs  à sa capitale Oslo d’être le siège de plusieurs organisations internationales des droits de l’homme.

    Dans plusieurs villes de la Norvège dont Trondheim, les militants africains, congolais en particulier profitent largement de cet espace de liberté pour participer à l’avancement du combat de la citoyenneté internationale.

Au Congo  une telle liberté est malheureusement loin d’exister.

PCCI Norvège