Sarkozy accusé de favoriser son ami Bolloré
en Afrique
Par Michel Martins, publié le 24/10/2011 à 18:29, mis à jour à 19:23
Selon Jacques Dupuydauby, ex-dirigeant du groupe portuaire Progosa, interrogé par
Mediapart, des chefs d’Etat africains auraient avoué avoir subi des pressions de la
part de l’Elysée au profit du groupe Bolloré.
“Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP
de luxe. Nicolas Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et
fait des pressions [...] On est passé de la Françafrique des mallettes à la Sarkafrique des
concessions.” Dans l’interview que publie Médiapart ce lundi, Jacques Dupuydauby ne mâche
pas ses mots, et accuse ouvertement le président de la République de “chantage d’Etat” au
profit de son ami Vincent Bolloré.
Au lendemain de son départ à la retraite, l’homme d’affaires franco-espagnol, président du
groupe portuaire Progosa, ancien vice-président du groupe Bouygues et proche des réseaux
chiraquiens, affirme avoir personnellement recueilli les confidences embarrassantes de
plusieurs présidents africains, dont Faure Gnassingbé (Togo), Denis Sassou N’Guesso (Congo)
et Paul Biya (Cameroun).
“Vous ne pourrez plus compter sur l’appui de la France”
Les trois dirigeants lui auraient affirmé qu’ils ne pouvaient (ré)attribués la gestion des ports de
Lomé, Pointe-noire et Douala à son ex-société en raison des pressions exercées par Nicolas
Sarkozy au profit du groupe Bolloré. Selon lui, le message de l’Elysée était clair: “Si vous ne
faites pas ce qu’on vous demande en donnant telle et telle chose à Bolloré, vous ne pourrez
plus compter sur l’appui de la France.”
Dans cet entretien, Jacques Dupuydauby évoque également l’intervention de l’Elysée pour les
ports de Misrata en Libye, et d’Abidjian en Côte d’Ivoire, attribués malgré les bouleversements
politiques au groupe Bolloré. Selon l’ex-homme d’affaires, Patrick Balkany, député-maire de
Levallois-Perret et Alain Carignon, un proche de Brice Hortefeux, jouaient un rôle de “courroie
de transmission” entre le chef de l’Etat et ces dirigeants africains.
Le bras de fer Dupuydauby-Bolloré ne date pas d’hier
Par ailleurs, l’ex-dirigeant qui a été comdanné le 7 septembre dernier à vingt ans de prison
ferme et plus de 350 millions d’euros d’amendes par un tribunal de Lomé (Togo) pour “abus
de confiance”, “délit d’escroquerie” et “groupement de malfaiteurs” affirme que “toute cette
affaire a été orchestrée par Vincent Bolloré”. Jacques Dupuydauby demande également
l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire par la nouvelle majorité socialiste du
Sénat.
Le bras de fer qui oppose Jacques Dupuydauby et Vincent Bolloré en Afrique ne date pas
d’hier. Voilà des années que le Sévillan d’adoption et le Breton de souche échangent menaces
Impression – L’Express Page 1 of 2
http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=1044076&k=25 25/10/2011